samedi 14 juillet 2018

samedi 7 avril 2018

vendredi 16 mars 2018

Laurent n'aime personne

"Ne sois pas triste ou amer, l'argent est une folie, l'argent est une impasse, l'argent est une chimère, l'argent est une catin, l'argent est un venin qui corrompt les cœurs, abîme les âmes et salit tout ce qu'il touche. Ta seule richesse, c'est ton esprit grâce auquel, si tu prends soin de l'entretenir comme il se doit, tu te procureras mille ivresses qu'aucune somme d'argent, aussi mirobolante soit-elle, ne te donnera jamais tant il est vrai que l'argent, lorsqu'on n'en possède pas, devient vite une obsession, et quand il coule à flots, une fixation que rien n'apaise." Laurent Sagalovitsch.



Pour visiter son blog plein de fulgurances, de clairvoyance - appelez ça pessimisme si vous êtes peureux - et de trucs qui rabotent là où ça fait du bien, c'est par là.
Rien que les titres ça donne envie de descendre de son petit rocher. Jubilatoire, même et surtout quand je ne suis pas d'accord avec lui, de bons arguments teintés de mauvaise foi et une lucidité implacable, il sait manier le verbe et l'outrance, je suis client..!
De son rêve de faire bouffer son Scrabble à sa belle-mère à son amour des chats, en passant par son dégoût de l'argent ou de la chasse, ses crises d'angoisses et ses portraits de célébrités remises à leur juste place, rien n'est suspect chez ce type tiraillé dès la naissance entre séfarades et ashkénazes. Ce billet seul vaut déjà le détour, que l'on soit feuj ou pas. Car ici le communautarisme n'est pas de mise, on entre comme on est. Et on en ressort meilleur.


"Si les introvertis gouvernaient le monde, ça n'irait peut-être pas mieux mais au moins on aurait la paix
."


samedi 30 décembre 2017

Jupiter

On se lève le matin et tout va de travers. La nuit vous a donné du fil à retordre. Dans la rue les marteaux-piqueurs hurlent. Vos côtes vous lancent. Les finances sont au plus mal. Ce reflet dans l'écran blafard ne vous met pas à votre avantage.

Il reste une seule solution pour que je me sente encore un homme. Personne, à part moi ne peut me l'offrir, moi et mes poches crevées, afin que mon paletot redevienne idéal. Ni le dernier sultan, ni le premier personnage de l'état. Tirer du néant. Arracher des lambeaux de vie là où elle se trouve, tapie dans l'ombre.

Ma dernière cartouche. Ce putain de douzième morceau qui se refuse. Prendre des p'tits bouts de trucs et puis les assembler ensemble, en attendant que faussement il surgisse. Ce demi-riff qui traîne en tête, une envie d'en découdre mais rien de plus, essayer de rafistoler quelques poupées de chiffon. Alors on brode, on brode, puis le fil s'épaissit...
Il n'y a pas de règles, pas de limites, pas de lois, rien n'est écrit. On est seul avec soi-même. Personne à appeler à la rescousse. Quelques grappes de notes, quelques bribes de texte, c'est un bon début mais rien qui ne laisse présager la f orme finale, l'enveloppe précise. On tente des trucs hasardeux, parfois vraiment ridicules, à deux doigts du forfait, puis là d'un coup ça fonctionne.
On tourne la pièce du puzzle et elle s'encastre correctement. Un bon début. Continuer à chercher plus tard..? Non, plus tard j'aurai peur d'abandonner, il faut finir dans l'instant, dans l'élan, il me faut aller tout au bout aujourd'hui, avant que le soleil ne se couche, mettre toute la gomme, allez, je peux le faire, elle est là, dans la paume de ma main..!

Ce matin elle n'existait pas, et la voilà, la dernière, elle s'appelle Jupiter.





Dans l’antre des alcôves
Feulent nos gueules fauves
Filent nos prés carrés

Tapies dans la pénombre
Rouillent nos bouilles sombres
Et parlent au passé

Ruminent à loisir
Le brûlant souvenir
D’être passé si près


Évanouissent nos frondes
Polissent nos facondes
Nos griffes acérées

Dans l’ordre et le silence
Somment nos révérences
Pourtant il suffirait

D’une pauvre étincelle
Pour que sonne l’appel
Et prenne le brasier

Sur Jupiter
Par Toutatis
Que fusent les feux d’artifice

Roi, fainéant
Qui donc vaut rien ?
Et que chantent les lendemains

Hommes de rien au hasard
Traversent gares hagards
Limons aux yeux collés

Laisse au moins leur chandail
Toi tes épouvantails
Filin d’acier doré

Je garderai ma voix
En supplice chinois
Même la gorge tranchée

Qu’une pauvre étincelle
A la rue sans appel
Enflamme le brasier

Sur Jupiter
Par Toutatis

Que fument les sourires complices

Cynique, extrême
Ou bien blanc-seing ?
Et que chantent les lendemains

Même la gorge tranchée
 (simon polaris - album "le reste du monde" - sortie février 2019)

dimanche 17 septembre 2017

Des haillons d'argent...

Nous ne gagnerons jamais. Je le sais depuis le premier instant, depuis que tu m'as regardé comme un petit animal souffreteux Delphine, alors que je n'avais même pas la morvelle qui traçait ce petit sentier entre le nez et la bouche, ni les cheveux hirsutes, peut-être ce jour-la n'avais-je même pas non plus de pièces aux genoux. Pourtant j'ai compris que je ne boxais pas dans la même catégorie. Pas celle de l'envisageable. En fait j'aurais supporté de me sentir amoindri, preuve de mon existence, mais pas un ectoplasme, le néant, comme une petite mort mais avec le cœur qui bat très fort. Pourtant je ne vois pas ce que le magasin de chaussures de ta maman avait de plus que l'atelier de mon papa. Ah si, sa devanture, claire apparence. Je me suis souvent demandé pourquoi nous aussi on avait pas une grande vitrine comme ça. Peut-être que la poussière et la transpiration, ça se cache.
J'étais toujours juste derrière toi Delphine. Quand nous étions en rang deux par deux, quand tu jouais à l'élastique, quand nous levions le doigt, et surtout quand le maître rendait les compositions.
Second, toujours second, j'avais beau avoir vingt en dictée et en récitation, lors des comptes finaux tu finissais toujours le trimestre sur la première marche. Non que ce fut injuste, c'était une place bien méritée, peut-être mon goût pour la compétition était-il déjà proche du zéro pointé.
Un jour, j'ai essayé d'apparaitre dans ton champs de vision. J'ai osé t'adresser la parole. Au bout de trois ans de vie commune face du tableau noir, je t'ai demandé si tu pouvais m'aider à repasser Le Dormeur du Val, toi qui comprenait bien qu'on ne respire pas entre "haillon" et "argent". Il faut croire que si. Tu ne m'as même pas répondu.

J'ai compris Delphine. Je n'avais plus qu'une seule solution pour exister. Je suis désolé, je ne voulais pas te faire pleurer, je voulais juste que tu me regardes, au moins une seule fois comme ton égal, comme ces mensonges frappés sur le fronton de notre école. Alors oui, j'ai cravaché comme un fou, passé mes jours et mes nuits à faire valser les tables de multiplication dans les deux sens, à traquer ce traitre de COD, à ingurgiter les dates de nos tristes rois. Ce fut difficile car tu étais surdouée et brillante en tout et qu'il y avait toujours du bruit à la maison et de bonnes raisons pour aller jouer dehors, mais le trimestre suivant je t'ai volé ta place. Arrachée des mains. Tu étais détruite, rougie de pleurs et de haine, à toi la morvelle. Tu m'as bien vu ce jour là, même le visage caché dans tes mains, quand j'ai gravi l'estrade.


Je serais journaleux à Libé, je pourrais écrire que cette victoire à la Pyrrhus ne fut que de courte durée. Mais il me reste ma dignité. Alors j'écris ici, peut-être pour personne, seul, mais libre. La reconnaissance je la laisse sur le bas-côté, ce n'est pas elle qui me construit. Le chemin importe plus que le but. Je rends la presse des vendus à ce qu'elle mérite, la litière des chats.

Je n'ai pas réitéré l'exploit. Les efforts pour me maintenir en tête m'avaient trop coûté. Un costume flottant. J’avais été obligé de faire taire le chant des sirènes, bâillonner mes désirs et pulsions, de garder la tête dans le guidon et laisser défiler le paysage sans n'en rien croquer. L'impression de bâtir sa propre prison. Je savais maintenant que je pouvais le faire, cela m'était suffisant. J'en avais la possibilité, je ne valais pas moins qu'eux. J'avais plus de plaisir à feindre de ne pas voir que tu me copiais Paul, je n'ai jamais aimé cacher ma feuille avec mon coude, geste cruel, manque de fraternité détestable. Que cela m'enlevait-il..? Malheureusement, je subodorais que tu reprenais des pans de phrases entiers et que la supercherie serait découverte à la première ligne. Tes parents divorçaient, tu avais l'air déchiré en deux, tu sombrais, tu ne méritais pas ça plus qu'un autre. Je ne savais pas encore que l'année d'après ce serait mon tour pour le grand tiraillement. Tu sais, de toute façon, ceux qui ont les meilleures notes ne sont pas forcément ceux qui ont le plus travaillé. Ceux qui ont les plus grosses voitures non plus.

"Oui not' Monsieur, oui not' bon maître."


Non, nous ne gagnerons jamais. Le petit peuple a beau être le plus nombreux, il ne possède pas la culture suffisante et surtout la prétention nécessaire pour renverser la pyramide. Il n'a pas les dents assez longues et blanches. Quand il en a. Il n'a pas de conseillers en communication. De plan de carrière. Il ne voit pas plus loin que demain, il n'est pas organisé, ne se serre pas les coudes, et tout est fait pour que ça dure. Car c'est bien de cela qu'il s'agit, quoiqu'on en dise, nous manquons d'arrogance.
Trois cent familles tiennent les rênes et les muselières. Ils sont riches, puissants, fiers, moralisateurs, tricheurs, mais couards. Ils vous disent que ce sont eux qui prennent les risques mais ce sont des poltrons, des pleutres. Le vrai risque, c'est de monter tous les jours sur un échafaudage, de braver la silicose, l'emphysème, le froid, le soleil, de rouler dans une voiture fatiguée, de manger des aliments toxiques, d'être mal soigné, et non de perdre de l'argent. Tout ça sans la gloire. Tout ça en baissant la tête, en tenant son rang. "Oh, ça, ce n'est pas pour nous", disait-il. Tout dans la génuflexion, tout dans les lombaires.

"La vérité n'est pas du côté du plus grand nombre, effectivement, parce qu'on ne veut pas qu'elle y soit. Le jour ou le plus grand nombre sera à même, par sa culture et ses connaissances, de choisir lui-même sa vérité, il y a peu de chance pour qu'il se trompe." Boris Vian.

Alors oui, nous ne gagnerons jamais, mais nous avons pu lire dans vos yeux l'effroi, et cela est déjà gigantesquement jouissif, en soi une petite victoire. Cette peur panique est sûrement moins grande que celle de ne savoir comment nourrir ses enfants ou payer son loyer, mais de vous voir imaginer perdre vos résidences tertiaires, vos domestiques, vos voitures allemandes, votre pouvoir d'achat, votre catégorie, votre condescendance, et vous envisager nettoyer vous-mêmes vos fumures, sans blasons, c'est un peu voir la buée sur tes lunettes Delphine. Alors que comme pour ta première place, nous ne l'envions pas forcément. Juste un peu de pudeur, et de partage.
N'oubliez jamais qu'ils ne sont pas plus intelligents que vous, pas plus trimeurs, pas plus courageux. Tout le monde peut monter sur le podium, si tant est que cela puisse quelque peu intéressant. Vous n'avez pas à rougir ou à regarder vos pompes, relevez la tête bordel, l'intelligence n'est pas que le savoir et l'éducation, elle est aussi ce que l'on veut en faire..! Ne pas avoir de Rolex, pensez bien que c'est parfois aussi un choix, seuls les plus abjectes pantomimes pensent qu'un poignet nu est synonyme d'échec, alors qu'on peut simplement trouver cela grotesque, inutile et laid.



Avez-vous vu la peur perler leur front quand ils serrent les dents pour nous prouver leur grande témérité..? Ils cherchent à vous impressionner, roquets de basse-cour, afin d'être bien sûr que vous ne viendrez pas lorgner dans leur gamelle. Ils vous culpabiliseront, vous piétineront, vous humilieront, tenteront de faire de vous des sous-hommes. Ils vous tyranniseront, vous agresseront jusqu'à ce que vous craquiez, que vous mordiez la main au lieu de la lécher, et cela fera de vous un dangereux individu..! Ils vous feront profondément entrer dans le crâne que la violence c'est un col de chemise déchiré, pas un bélier dans une porte à six heures du matin devant les gosses. Ni leurs mensonges étalés en devanture, ni leurs revirements spectaculaires..! Ni leur arrangements en catimini, ni la manière qu'ils ont de dresser le petit contre le tout petit..! Vous êtes coincés..! Ce sont eux qui décident pour vous..! Écoutez-les réciter leur catéchisme, si le pays va mal, c'est parce que vous ne faites pas d'effort, salauds de pauvres..!!

"On veut que tu sois faux dans le secret des urnes,
ou bien que tu sois vrai dans la fosse commune."
Eiffel.

Alors attention, si vous ne voulez pas être cloué au pilori, pas de vagues, ne débordez jamais du coloriage. A vous il ne sera jamais rien pardonné, surtout pas un mot plus haut que l'autre, le couteau dans le dos ça passe, pas la grande gueule..! Tout est déjà tracé..! Quelle époque formidable..! Écrivez donc une chanson sur la mort d'un torero encorné et vous choquerez l'assistance : comment, quelle outrecuidance, mais cet homme avait une famille, comment peut-on se moquer de ça..! Vite, le CSA..! Ce qui choque, c'est le geste, pas le fait. La torture tauromachique reste une tradition, l’encornement d'un grotesque danseur à paillettes un drame national..! Tentez-le autour de vous, vous verrez, la moindre tentative d'insoumission à l'ordre établi, si stupide, injuste et jupitérien soit-il vous attirera les foudres des conservateurs de tout poil. Vous vous ferez traiter de facho, de collabo, de dictateur... Ils louent la liberté en vous exhumant des catastrophes historiques réécrites par les vainqueurs ou d'autres prophétiques car ils savent qu'elles leur laissent le champ libre pour vous mettre un tour de vis. Tu n'es pas content, tu as vu ce qu'il se passe ailleurs..!? Le genre de raisonnement implacable, tu as une jambe cassée, te plains pas ça pourrait être les deux..!!
Ils ont trop peur que le moindre grain de sable enraye leur machine, leur don annuel aux restos du cœur suffit pour leur conscience, ensuite pour la moralité il existe plein de périphrases longues comme le bras pour s'en acheter une...


Je ne me suis jamais battu pour ma pomme. Je ne suis pas fanatique de la nature ou des animaux, mais je ne supporte pas l'idée que l'on soit en train de démolir tout ceci pour quelques profits privés, à grands coups de mensonges sur papier glacé.
Je suis un petit blanc hétéro comme on dit, qui n'a jamais eu à souffrir de la faim, et j'ai un patronyme à jouer dans le corniaud. Pourtant j'ai pris des coups, des risques, fait des choix qui ont remis en cause mon confort, mon futur, tout ça pour un idéal, pour une philosophie de vie, et pour mener cette vie en adéquation avec mes convictions. Je n'ai de leçons à recevoir de personne.
Je n'aurai peut-être jamais de costard, non parce que je suis un fainéant, mais parce que je n'ai pas envie de ressembler à un pingouin. Ni de chaussures cirées pour affronter les ouragans évanouis. Et surtout, golden boy d’opérette, maquignon de supermarché, sache que je n'ai aucun complexe d'infériorité. Je suis bien où je suis, je ne me fais pas aveugler par les phares de vos célébrités fortuites, je ne t'envie pas en secret, j'aimerais juste qu'une fois la honte empourpre ton visage. Juste une fois. Regarde-toi. La jeunesse n'est pas une vertu, être bien-né non plus. Alors continue à lécher tes amis, bien dans les plis, ces quelque-chose qui ne trainent certainement pas dans les gares grâce à leurs jets privés. Quand à moi, je vais regarder s'écrouler les pans de ce modèle tant célébré, et reprendre ma sarbacane pour souffler vers l'azur et les aéroplanes.
Nous n'avons rien, donc rien à perdre.
Tu me trouves cynique, extrême..? Ce n'est pas moi qui ai commencé.

mercredi 13 septembre 2017

Le Goéland


- Je comprends pas.

- Tu comprends pas quoi ?
- Ce qu'elle t'apporte.

- Rien.
- Comment ça rien ?
- Non, rien.
- Ben alors, ça rime à quoi ?
- Elle m'apporte rien, elle m'enlève des choses.
- C'est la meilleure tiens !

- Oui, elle m'enlève mes soucis, elle m'enlève le poids des ans, la misère, la famine, la peur de la mort, et toutes ces saloperies de questions existentielles qui te rongent jusqu'à l'os, voilà ce qu'elle m'enlève, je suis tout léger tu comprends, je suis un goéland, un putain de goéland..!




lundi 31 juillet 2017

Jeanne..!


Bon et bien cette fois je crois que ça y est,
approche-toi de Marielle salope de faucheuse et je te crève les yeux..!

samedi 29 juillet 2017

Tout ça pour ça



A l'ombre des derricks des ombres faméliques
On entasse les liasses ou les corps c'est selon
De coups de Trafalgar en de vils coups de triques
Et sur ton de coups bas mille coups de bâtons

Quand les terres brûlées grouillent de peur panique
A chaque main coupée pour un pauvre quignon
Commissions cravatées de discours apathiques
G20 contre j'ai faim entament discussions

Tout ça pour ça

Une poignée du globe tient en laisse la fabrique
Qui avance courbée le râble à l'unisson
Il manque un peu de claques à toute cette clique
Canular impudique moteur ça tourne action

Le patron des patrons en climatosceptique
Hâbleur philanthropique empilant les millions
Presse le champignon fonce supersonique
Là tout droit dans le mur et les lamentations

Tout ça pour ça

Là dans l’œil qui chenille un fond d'éclair magique
Semble surgir des limbes, un certain tourbillon
Éclaire alors la rue d'un regard bucolique
Mais pense à la croissance mon petit papillon

Tout ça pour ça
 
Les apprentis-sorciers s'adonnent au transgénique
Et jouent à pile ou face avec nos fondations
Les petits épiciers fuient dans l'arrière-boutique
Et pour les onze coups nous préparent le bouillon

En lambeaux de papier nos oripeaux éthiques
Le tube cathodique surchauffe à pleins poumons
Utopies passagères déclarées hérétiques
Pourriez-vous au moins vous frotter au paillasson..?

Repense à la croissance petit papillon
Re-repense à la croissance petit papillon
Croître indéfiniment mais pour combien de temps
Croître indéfiniment mais pour combien de temps..?

 (simon polaris - album "le reste du monde" - sortie 2019)
batterie stéphan notari - son guyrOOts

vendredi 28 juillet 2017

Ha ha..!


Ben oui je m'marre, j'me fends la gueule même..!
Tu vois pas que c'est une grande farce..?!
Qu'on va tous crever comme des cons, plus rien, le néant, et tu voudrais que je me morfonde, que je prenne les choses au sérieux, que j'en fasse toute une histoire, un pataquès..?
Tu crois vraiment que ça vaut la peine de se faire du mouron..?
C'est cuit ma poule, terminarès, t'as beau prendre tes grands airs, t'es dans la file, comme tout le monde, beau ou moche, mince ou gros, riche ou pauvre..!

C'est même pas marche ou crève, c'est marche et crève, ou même reste assis et crève aussi, alors permets-moi d'me marrer, permets-moi juste de m'marrer deux minutes avant d'passer l'arme à gauche..!

lundi 24 juillet 2017

Merci Anne.


Je viens d'apprendre votre disparition Anne Dufourmantelle.
J'aurais aimé pouvoir vous dire à quel point vos livres "Éloge du risque" et "Puissance de la douceur" ont transformé ma vie, m'ont aidé à devenir l'homme que je suis en train de devenir.
Je suis triste d'imaginer un monde sans vos lumières.
Vous êtes partie en tentant à nouveau d'aider votre prochain. En prenant le risque de vivre. La classe.

Merci encore.






lundi 8 mai 2017

Sondage...


Charb, tu me manques.

mardi 14 mars 2017

Guy n'est pas mort, il bande encore..!


Mon Guy, j'espère au moins que tu auras eu le temps de dégainer ton double-fuck face à la faucheuse, en guise de bonjour. Je ne sais pas s'il y a une vie après la mort, mais ce dont je suis certain, c'est qu'il y en a une avant, une dans laquelle je t'ai connu, une sans morale, une dans laquelle les salauds partent parfois en dernier.
Tu n'auras pas droit au deuil national, bien que tu aies davantage de talent que Johnny, mais à l'annonce du message fatidique j'ai entendu d'ici un coup de tonnerre frapper la Plaine pour mieux la plonger dans l'obscurité.
J'ai souvent pensé à ce moment, et en fait il est moins douloureux que prévu. Car tu es toujours là, ta putain de voie rocailleuse résonne dans la grande bibliothèque vocale de ma caboche ad libitum. Personne ne pourra me voler tous ces moments de vie unique partagés. A toute mon bicou.

mercredi 1 mars 2017

Héraclite ou Parménide..?


Parce qu'on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve...

lundi 27 février 2017

Maquillage...


je n'aime pas
c'est camouflage
c'est pas pour moi
c'est camouflage
et je n'aime pas
maquillage

vendredi 28 octobre 2016

Les yeux collés



On y est, tout le monde avance d'un cran. Je n'ai plus qu'à jouer les deuxièmes lignes, ce qui me changera des seconds couteaux. Après avoir déjoué les pronostics depuis des lustres, les dix-huit pour cent de ton cœur encore actif auront rejoint les quatre-vingt deux autres évanouis. Te voilà enfin débarrassé de ta carcasse devenue prison. Ce n'est pas triste. Juste bizarre de se dire que tu n'existes plus. La mort, même si elle nous prive des gens n'est pas triste, tant qu'elle reste dans l'ordre des choses et qu'elle n'en devient pas intolérable. Non en vertu d'un après où de je ne sais quelle connerie pour vivant à rassurer, mais parce que moins nous refoulons l'idée de la mort et plus nous osons prendre le risque de vivre.
Alors oui, tout le monde avance d'un cran, on doit pas être bien sur ses guiboles papa, le nez au portillon. Je garde de vous, en dehors de mon patronyme, une sensibilité extrême dont l'époque ne raffole pas. Aucune époque d'ailleurs peut-être. Un homme doit être fort, et quand on est un homme, on ne pleure pas.
J'ai essuyé tes larmes cet été, les larmes d'un homme qui, réduit à l'état de chose, de tas de douleur et d'ennui face aux murs gris pâle était encore capable de donner la taille du calibre des coques, de s'émerveiller d'une anecdote, de s'inquiéter du sort de son prochain, et de raconter à mes enfants la légendaire histoire de ma première conjonctivite et de ma détresse devant mes yeux collés, avec laquelle tu m'as tant charrié tout au long de ma vie. Et qui m'a parfois tant mis en colère. Tu n'as encore pas pu t'empêcher. Alors que tu ne tenais même plus allongé.
Tu as réussi à pleurer de joie ce jour-là, et de tristesse devant la réalité de cette fin de vie sur laquelle nous n'avons aucun pouvoir, sur laquelle la volonté n'a aucune accroche. Le grand écart des larmes, l'ample sinusoïde des sentiments, à laquelle tant de nos contemporains sont allergiques ou hermétiques. Tu aurais aimé te dresser sur tes pattes pour venir à la pêche avec tes arrière-petits-enfants, leur montrer comment on appâte, même avec quatre doigts, mais hélas on ne peut lutter contre l'érosion des chairs et des os. J'ai senti au fond de toi tellement de choses remuer. Je leur montrerai va, j'ai piqué en héritage tes bouchons et tes cuillères qui brillent toujours autant.
Cette sensibilité, que j'ai tant voulu cacher, que j'ai si souvent tenté d'ensevelir en jouant à l'autre, qu'on a parfois tenté de m'arracher, je la garde à présent en moi et hors de moi comme un joyau précieux, elle fait partie de mon être, elle me défini, me correspond, m'accompagne, me sied.
Tu as décidé de partir en fumée, comme quoi on peut surprendre jusqu'au bout, ton sale caractère ne pouvait pas pourrir entre six planches. Je suis sûr qu'elle exhalera un peu les menthols que nous fumions au balcon quand il te plaisait de te remettre à ce vice pour un instant à la sortie d'un repas, juste pour m'accompagner, être jeune à nouveau, narguer la faucheuse. Comme autant de ces mégots que j'ai foulé du pied, ces blisters roulés en boule, ces filtres torturés, ces moments d'éternité où l'on est invincible. J'ai arrêté de fumer aussi tu sais, je vieillis.
Mais si je tiens le coup assez longtemps, je compte bien un de ces jours, l'ombre d'un instant, ravaler la fumée et les conseils stériles pour partager avec un de mes descendants quelques bouffées d'éternité. Papy, j'ai les yeux collés.

dimanche 4 septembre 2016

Spirit of ecstasy...


En mes mains, le lourd pesant de ton métal..!

mardi 30 août 2016

mercredi 24 août 2016

Enfin..!



Merci Jean-Paul...

mardi 23 août 2016

La résilience



Dernier texte du dernier morceau du dernier album... Plus qu'à composer la musique.
Mais pourquoi diable est-ce si dur d'achever quelque chose..?!




On eut beau me jeter aux chiens

En moins que rien
Même en se trainant l'on avance
Je ne crains les longues distances
A la chaleur d'un contrepoint
La résilience


Parfois campé tantôt bancal
A chaque escale
Tenter et retenter sa chance
Malgré les failles et turbulences
J'ai repris ma forme initiale
La résilience


Non rien n'est écrit dans vos astres
Aucun désastre
Aucune liesse par avance
Prenons notre mal en patience
Jouons quelquefois les pilastres
La résilience


Et si parfois débarque encore
Sombre et retors
Le fantôme de mes silences
Crois donc en cette force immense
Qui charrie ses flots dans mon corps
La résilience


Ce qui ne tue pas rend plus fort
Je fais le mort
Joue le banjo de Délivrance
En attendant la transhumance
Et je fais fi des coups du sort
La résilience

 (simon polaris - album "le reste du monde" - sortie 2019)

samedi 20 août 2016

Barrez-vous tous..!





Barrez-vous, cassez-vous tous de ma maison, que j'ai tiré de terre de mes mains, dont j'ai raclé, redessiné, empilé, enduit chaque pierre; barrez-vous tous, monstres hirsutes, casseurs de jouets, briseurs de rêves, futurs dictateurs ; tirez-vous et emmenez vos parents aux cheveux filasse, aux teints blêmes malgré l'exposition prolongée à l'astre, aux pieds crasseux de leur osmose boueuse avec tout support, au bien-être factice dégoulinant de mièvrerie ; emmenez je vous en supplie au loin leurs phrases toutes faites, verbiages pompeux régurgités en cascade d'une cavité à l'autre, orgie de mauvaise foi patentée mêlée de suffisance, et emmenez surtout leurs prétentions médicinales définitives et leurs interprétations psychosomatiques puériles, leurs conseils paternalistes arrogants et sentencieux, leur lâcher prise impudique et désastreux, leur éclaboussante munificence salvatrice d'un monde en péril dont ils ne sont que le contrepoint barbare, rétrograde et néophobe, exhibant comme des sexes écartés leurs égos boursouflés de confiance ; barrez-vous donc faire le bien ailleurs si les résonances de mon logis n'entrent point en connexion avec vos ondes énergétiques, et surtout n'oubliez pas vos clébards aux tronches antipathiques, tristes projections de vos fumures, ilotes inconscients de votre pathétique petitesse, prisonniers de vos caresses systématiques et de vos su-sucres corrupteurs, faux amis à l’œil larmoyants ; barrez-vous je vous dis, vous êtes l'antonyme de l'effet présomptif, votre seule présence dans une pièce, le tas d'insanité qui dégueule de vos bouches gâtées, le flot de mensonges éhontés qui inonde de postillons l'auditoire justifie à lui seul le libéralisme sauvage, les guerres, la violence faite aux femmes, aux enfants et aux animaux, la torture et la peine de mort.
Je préfère encore la compagnie des mouches, des métastases et l'obscurité.



jeudi 24 mars 2016

Cher Printemps...




 
Tu peux revenir, prétentieux, avec ton cortège de bourgeons, et ton pouvoir indicible d'allumer sur la figure de mes contemporains un sourire niais, je t'attends de pied ferme, tu ne me foutras pas une seconde la gueule sous terre, tu auras beau me remplir les naseaux de platane, tu ne me feras pas verser une goutte, j'ai les pieds bien campés sur la terre ferme, la tête trop haut dans les nuages, et dans cette tête trop de choses qui me font courir pour avoir du temps à perdre à m'appesantir sur ta tronche de premier de la classe..!

mercredi 27 janvier 2016

Salut Christiane..!


Enfin, tu te tires de ce nid de guêpes, de cette réunion du renoncement, de cette impudeur étalée en vitrine..! Ils vont pouvoir remettre les gosses en prison pour leur apprendre la vie, penser que le chômage est conjoncturel, les homosexuels des déviants et ânonner quelques discours prémâchés.
Je ne sais pas comment tu as pu tenir tout ce temps. Si, peut-être, en pensant aux autres.
Merci pour Nietzsche, Verlaine et Levinas, ça fait du bien par où ça passe.
Du lyrisme bordel, du lyrisme..!

samedi 5 décembre 2015

Hiver et contre tout..!

Les mines sont renfrognées. Les sourires décatis. Il n'y a plus dans l'air cette légèreté et cette insouciance passagère à laquelle on a eu à peine le temps de s'habituer.
Est-ce le conflit au proche orient, la future guerre nucléaire russe ou les fusillades capitales qui pèsent sur les visages de mes contemporains..? Peut-être plutôt les difficultés à boucler les fins de mois qui ne vont point être améliorées par l'augmentation du timbre, du gaz et autres réjouissances..?
Vous êtes loin du compte, l'ennemi invisible est à nos portes, nos fenêtres, jusque dans nos lits, il arrive, c’est l'HIVER..!
Si seulement il avait un visage, on pourrait lui taillader, l'immoler ou le larder d'acide, malheureusement, comme tous les salauds, il avance masqué..!
Je n’ai jamais réussi à comprendre comment la météorologie pouvait jouer autant sur le moral et l’appétit de vivre de l’espèce humaine. Quel fieffé mécanisme interne peut bien ensevelir tout à coup
tout désir, toute passion, juste parce que la terre poursuit résolument son orbite autour du soleil…

En moi, il brûle un feu ardent, semblable aux premières buches qui enflammeront l’âtre le moment venu de la première allumette, que l’humanité semble vouloir repousser chaque jour grâce à son effet de serre, bardée d’un narquois sourire, en prévision du jour ou le marcel en résille sera la tenue réglementaire obligatoire.

Si tu regrettes la Tunisie et ses riads assommants, mais que tu te résous tout de même à supporter le climat tempéré faute de mieux, je ne peux lutter, mais viens tout de même à la maison, on jettera quelques pommes de terre dans la braise, en sirotant un grenache de derrière les fagots, calés au fond du rockin’chair. On se mettra un truc de circonstance, je sais pas moi, les mazurkas de Chopin, au hasard, et on parlera du bon vieux temps ou ces traitres de moustiques, malgré le ventilateur oscillant, venaient nous ponctionner leur décilitre quotidien…

Et surtout, ma chérie, va revenir le temps où nous nous blottirons l'un contre l'autre comme si nous voulions nous souder comme des parois de coffre-fort.

dimanche 1 novembre 2015

Quand tu...


j’aime quand tu mets ma veste
quand tu prends l’accent pointu
quand tu éminces un oignon
quand tu t’endors sans faire exprès
quand tu dis qu’un truc était trop bien
quand tu fais une marche arrière
quand tu as ton air surpris
quand tu me dis que ça va aller
quand tu ris avec tes narines
quand tu ris tout court
quand tu t’insurges
quand tu danses pour de faux
quand tu passes ta main dans mes cheveux
quand tu mets des épingles dans les tiens
quand tu suces ton pouce
quand tu dis que tu m’emmerdes
quand tu cours
quand tu me félicites
quand je me réveille et que je t’entends respirer calmement.

lundi 14 septembre 2015

Non mais quelle conne..!


Non mais sérieusement, la république n'a que ça a foutre en ce moment que de recevoir ce genre de plaintes..? Et ça étonne qui la relaxe, comment donc peut-on condamner ce fait insignifiant, sous quel chef d'accusation, divulgation de secret d'état ?

jeudi 10 septembre 2015

La césure...

Alors finalement, c'est bien cela dont il s'agit. Le monde se partagerait en deux: à ma gauche, sourire béat aux lèvres, regard tourné vers le futur, les optimistes..! A ma droite, mine renfrognée, larme à l’œil sur leurs pompes: les pessimistes..! Entendez ici si vous préférez: les gais et les tristes. Pourquoi être triste quand on peut être gai, hein, pas con, c'est tout de même plus joli pourrait ajouter ma voisine, qui sentant la mort s'approcher multiplie les pains cierges. Apparemment il n'y a pas à tergiverser, je suis classé de facto dans la deuxième catégorie. Allez savoir pourquoi, moi qui passe mon temps à me fendre la gueule et jouir de tout. Peut-être faudrait-il tendre encore un peu plus la joue.
De toute façon, levez une objection à la soupe au sourire et vous êtes foutus. Un conseil, penchez donc la tête vers votre assiette, continuez d'avaler les couleuvres, et les portes du paradis social vous seront ouvertes. Peu importe que l'on vous assène idées-reçues, fables, mythes, contre-vérités ou fausses informations, soumettez-vous dans la liesse, de toute manière tout dialogue est vain. Toute tentative d'essayer de sortir de cette case donne l'impression de se débattre, et non de débattre, pour vous y enfoncer un peu plus. La moindre objection fait de vous du moins un suspect, sinon le coupable idéal. A vous de prouver votre innocence. Reste à trouver de quoi diable pourrions-nous être coupables...
Je n'ai plus envie de combattre, car c'est bien cela dont il s'agit, grands pacifistes enturbannés de bons sentiments. Vous me demandez de m'extirper de ma paisible retraite pour vous rendre les armes. Vous oubliez juste que je n'avance ni armé, ni masqué. Si je veux un temps soit peu essayer de défendre ma position - position de fait mais non choisie je le rappelle - il va falloir que je donne de la voix, de la référence, de l'exemple, de l'emphase. Juste pour que vous m'écoutiez un peu. Ce qui vous permettra de coller définitivement votre étiquette malsaine sur mon front. Mon front triste.

LE FRONT DES RENONCEMENTS

Car si mon front est triste, c'est que vous ne pouvez pas sentir tous les papillons qui volètent dans ma poitrine. Primo, car vous ne m'avez pas laissé finir ma phrase. Donc vous n'avez aucune idée de la pensée que je comptais formuler. On ne me laisse jamais finir mes phrases, bordel..! Oui je sais, elles sont souvent longues. Parfois provocatrices, souvent douces, toujours sincères, dans le seul but d'essayer de participer à la construction d'une idée. Pas d'un dogme. Pas de ce que je voudrais que la réalité soit. Alors oui, elle a sûrement débuté par un constat pas très joisse, désolé mais ce n'est pas moi qui tire les ficelles, et à moins d'être dans un déni absolu, c'est vrai, il y a plein de trucs qui me remuent le bide et qui me font me dire qu'on est un peu au bout d'un truc bizarre. A vos mines déconfites on dirait que je viens de blasphémer, de casser cette superbe ambiance, de faire pleuvoir sur votre lumineuse tablée. Ne tentez pas d'inverser les jeux, m'avez-vous entendu professer, juger, punir..? Je n'ai pas d'avis final sur les choses, de cases dans lesquelles sceller les idées ad vitam æternam. Une certaine idée, pas une idée certaine. Il parait que l'on reproche souvent à autrui ses propres écarts, ses propres faiblesses. Et contrairement aux apparences, hors d'être les champions de l'argumentum ad hominem - planque tes fesses Michel - et du bouc émissaire, vous vous permettez des jugements définitifs, qui, s'ils étaient pris à votre encontre, déclencheraient un tollé général. Pourquoi? Parce que vous avez décidé que vous représentez le bien, me laissant le mal, et que le bien doit triompher du mal dans les histoires. A part que dans l'Histoire, on assiste plus souvent au contraire. Mais chut, rabat-joie, briseur de rêves, va..!

REDISTRIBUONS LES CARTES

Là où j'ai un avantage sur vous, c'est que je ne crois qu'au hasard et en la coïncidence. Aucune béquille. Enfin, quand je dis un avantage, j'avoue, ce n'est pas facile tous les jours, mais il n'y a qu'ainsi que l'on puisse véritablement libérer sa pensée. Quand on pense que rien n'est écrit, et qu'il n'y a pas de morale ou de raison à la vie ou à la nature, on fait des efforts. Comme les efforts que je fais pour contenir ma voix, afin qu'elle ne monte pas d'un cran, et que je reste audible, dépassionné, car la passion fait peur. Cette voix que j'étrangle, que je réfrène, c'est celle de l'injustice, et de l'effondrement devant le fait que vous mélangiez tout, tout le temps, c'est effarant: philosophie et religion, science et ésotérisme, mélancolie et tristesse, réalité et fantasme, lucidité et pessimisme. Polémique et engueulade..!


Comment cela? Je serais par principe pour la guerre, la mort, la pluie, la méchanceté, la veulerie..? Le noir, le sombre, le chaos, le dégueulasse seraient mon apanage..? Mais qu'ai-je donc de si humain qui vous fasse si peur..?  Qu'enfouissez-vous de vous même, que glissez-vous sous le tapis qui soit aussi insupportable, quelle face de votre pièce tentez-vous de noyer dans l'obscurité..? Il ne suffit pas d'être assis sur son fondement pour qu'il cicatrise. A moins que ce ne soit mes pieds pudiquement enfermés dans mes baskets qui vous permettent cette classification ontologique. Basket égale type pas cool, tong égale type cool. Basket égale industrie, sandale égale artisanat. Basket égale travailleur mineur asiatique, Birkenstock égale efficacité allemande. Rassurez-vous, je suis très bien dans mes baskets.
Vous avez beau vous réclamer de l'hindouisme, du bouddhisme ou de je ne sais quelle pitrerie, il plane dans cette vision manichéenne du monde un vieux relent judéo-chrétien indéfectible, comme une seconde peau cachée sous l'épiderme, un flambeau ancestral que l'on se refile par tradition. La tradition, plaie de l'humanité, qui amène les hommes à marcher tête basse dans la fiente de leurs ainés. La tradition est le cancer de la réflexion,  la métastase de la pensée.

NOUS ENTRERONS DANS LA CARRIÈRE
QUAND NOUS AURONS CASSÉ LA GUEULE A NOS AINÉS.

Soleil? Bien. Pluie? Pas bien. Paix? bien. Guerre? pas bien. Sourire? bien. Pleurer? pas bien. Pleurer de bonheur? Euh... merde, chef, c'est pas dans ma liste ça, c'est un peu antinomique, comment qu'on fait pour celle-là..?
Non, ce n'est pas une fixation, je ne parlerai pas encore de la pluie, trop facile, vous savez, l'eau, ce cadeau du ciel, ce liquide vital que par snobisme on se plait à traiter de tous les noms lorsqu'elle tombe des cieux depuis qu'elle coule d'un robinet de chacune de nos pièces, que l'on fait nos besoins dedans. Qu'il pleuve, oui mais pas samedi en huit, ça m'arrange pas, on risque de ne pas pouvoir manger dehors.!
Voilà bien la preuve que l'homme est faible, je craque, je digresse, et j'oublie d'en venir au fait.

IL M'EST ODIEUX DE SUIVRE AUTANT QUE DE GUIDER

Alors, je la joue cool. Je parle doucement, je pose des questions. Je laisse les divagations et errances emplir le champ, adieu vital esprit nietzschéen, le Gai savoir a depuis longtemps laissé une place trop vacante dans les rayons de nos officines, voilà qu'ils croulent depuis deux bonnes décennies sous les livres miracles et les solutions instantanées. Et encore je vous mets de côté le pan religieux. Car si l'on pourrait voir naïvement dans cette multiplicité de publications alléchantes un espoir, du genre à imaginer que l'homme s'occupe de lui, se questionne, se renseigne, excusez mon pessimisme regard circonspect, j'ai plutôt l'impression que cette feignasse de bipède surévalué surévolué pense que là aussi il n'y a qu'à appuyer sur un bouton pour être servi. Le pied non..? Mangez tel légume et vous n'aurez pas de cancer, trois boule de sucre et adieu la grippe, jeûnez sans déjeuner, comment à 60 ans j'en parais 58, et surtout, reboostez votre égo..! Non, vous n'êtes pas une merde, c'est la société de consommation qui vous pervertit, achetez mon livre et je vous dévoilerai comment..!
Mais le miracle est en chacun de soi, si toutefois on veut bien se donner la peine d'infliger à la paresse une défaite cuisante. Brel aimait à répéter que la bêtise était de la paresse, je crois que je commence à peine à comprendre la profondeur de cette simple phrase.


Là où Nietzsche propose une éducation précédée d'une introspection philosophique, se scrute et se méfie de lui-même, sans esprit prévenu, et développe sa personnalité grâce à un itinéraire intellectuel qui laisse libre cours à l'improvisation et aux expériences nouvelles, l'homme moderne cherche la solution miracle, la boite d'épinards de Popeye, l'électrostimulation tout en bouffant des chips dans son canapé, le téléviseur qui pense pour soi, la manne providentielle du trader débutant sur internet, le complot contre les solutions naturelles si simples et faciles, et surtout quelqu'un à qui attribuer la cause de ses échecs, sur qui rejeter la faute de son inconséquence.
Mais les épinards contiennent moins de fer que les haricots, la petite cuillère dans la bouteille de champ' n’empêche pas les bulles de s'exiler, et il ne nait pas plus d'enfants les jours de pleine lune.
Et sans vouloir bien sûr être pessimiste, vu dans quel état est notre jolie société et l'homme qui y cohabite, je vois mal comment la perversité prendrait fin et que cet homme se replacerait dans une position sage et philosophique. Cela manque un peu de magie. L'avenir est malheureusement
au maitre Reiki.
La magie, je préfère la voir dans la beauté des mots, et m'y réfugier.

Pareil aux animaux sylvestres et marins,
J’aime à me perdre un temps,
À m’accroupir, en quelque labyrinthe charmant,
Enfin, de loin, à me rappeler peu à peu au logis,
Pour revenir à moi et moi-même me séduire.

Je vous en supplie. Continuez à sourire comme des suspects. A ne jamais être d'accord avec moi. Car quand rarement ça arrive, j'ai l’impression que je me suis trompé.

PS : Ah oui, j'oubliais, de la lune on ne voit pas la muraille de chine. Ou alors c'est que vous êtes capables de voir un cheveu à treize kilomètres.


jeudi 27 août 2015

C'est la rentrée..!


Oui, je le sens, je le vois à vos visages déconfits, on tire ou pointe sans le même engouement, les enfants étrennent et trainent leurs cartables, on a rangé les pédalos... mais la bonne nouvelle, si vous n'avez pas eu le temps de lire sur la plage ou comme moi que vous détestez avoir du sable dans la raie - de votre livre - c'est que le bouquin du Pharmachien est toujours disponible. Ne vous arrêtez pas à ce rose poisseux et tournez donc les pages de ce magnifique ouvrage d'Olivier Bernard, pharmacien de son état - le Canada - qui amène une bonne vague d'air frais sur tout ce qui concerne de près ou de loin la santé. Iconoclaste, drôle, vraiment instructif - et je suis pas payé par les labos pour le dire - qu'est-ce que ça fait du bien de lire autre chose que des affirmations infondées, des mythes ancestraux et des conseils abêtissants sans aucun fondement..! Plus je connais ce type, plus je pense qu'il doit être détesté, et plus j'ai de l'affection pour lui, il me ferait presque supporter l'accent kébàkois..! En dehors de ses décryptages sur les médecines parallèles comme on dit, douces comme ils disent, sur lesquelles je savais déjà pas mal de choses, une approche vraiment intelligente et saine sur des sujets comme le stress ou la dépression qui peut faire beaucoup de bien à beaucoup de gens...
Découvert sur son site lepharmachien.com sur lequel il aborde plein de sujets différents selon ses humeurs, j'attends avec impatience la sortie du tome 2.
Allez Olivier, Brasse la cage pour tous ces cerveaux maganés, écrapoutis les idées-reçues, vaut mieux se chicaner que se pogner les nerfs..!

lundi 4 mai 2015

divine mélancolie...






Un jour, peut-être, tu partiras, lassée de mon épiderme ou mon pointillisme. Je boirai trop, et j'écrirai des poèmes qui glissent entre la peau et l'os. Je t'aurai perdu à tout jamais, mais j'aurai toujours la mélancolie avec moi comme compagne éternelle. Elle n'est pas aussi belle que toi mais se défend bien.
Il pourra bien alors pleuvoir dans ma tête, mes phrases résonneront dans le vide des meubles en un claquement sec et précis, pour me faire comprendre que je suis toujours sur la bonne route.

vendredi 17 avril 2015

la pluie...

Il pleut.
Pardon, il fait un temps pourri. Au cas où vous seriez passés au travers des gouttes, la pluie est dans la case pas bien. Elle fait l'unanimité. C'est rare de nos jours.
C'est chiant la pluie. On ne peut même pas dire que c'est la faute des arabes. Et surtout pas de dieu. Bon, en même temps, toute cette eau vitale sert au moins à remplir le creux des conversations... Trois semaines que l'on a pas vu une goutte, que la terre se craquèle et appelle au secours, mais la pluie c'est jamais bien, ça arrive jamais au bon moment, ça mouille, ça vient gâcher la fête, ça éteint le barbecue et du coup la vie elle est pas belle et bleue comme sur une carte postale comme on envoie du Touquet. Oups, pardon, ça c'est dans le nord (case pas bien), comme on envoie de Saint Tropez plutôt.


Maman, je crois que je suis pas normal. Je sais pas si c'est de voir la tête qu'ils font comme s'ils allaient mourir, mais moi la pluie ça me fait des trucs dans le ventre. Ah bien sûr je vais pas te dire que j'aime quand il pleut une semaine, je suis pas fou, mais bon, un peu comme là, ça me change du mistral. Je sais pas si c'est d'être né dans le pot de chambre de la Normandie comme disent les gens qui veulent faire qu'ils en connaissent un paquet sur les choses, qui fait que je crains pas trop l'humidité. C'est sûr, ça réveille un peu la mélancolie. C'est peut-être pour ça aussi que j'aime bien.  Ça donne envie d'écrire, de chanter, de marcher sous les gouttières en méprisant le rhume, de crier des trucs à une fille qu'on aime en secret et qu'on regarde disparaitre au loin sous les larmes du ciel. Ça donne du courage. Maman, s'il te plait, fais que jamais les hommes puissent décider du temps qu'il fait.



Aujourd'hui est un jour particulier. Je remonte au studio, en jachère depuis plusieurs mois. Tenter d'écrire des chansons. Reprendre le fil. Vivre. Je me sens un peu excité par ce défi, par ces accouchements difficiles et dont on ne sait jamais si la source est tarie, enfermé avec mon petit moi, à essayer de ne pas trop intellectualiser tout ça. Un peu seul aussi. Mais la pluie est avec moi...

Ça y est, je crois que je suis en train d'assembler les pièces du puzzle. Et de comprendre ce truc intestinal qui me lie à la Maison Tellier. D'avoir la clé pour pénétrer me mettre au chaud à l'intérieur. Ce n'est pas de venir du même coin, quoi de plus hasardeux et insignifiant dit ainsi. Je crois juste que cette cloche grise sous laquelle j'ai grandi, cette couverture commune, cet épais manteau bruineux me donne un accès privilégié à cette joyeuse mélancolie qui permet de cracher les mots les plus alanguissants avec le sourire. Envoyez les trompettes..! Tu as raison Helmut, ce n'est pas triste, c'est beau...!!

mardi 10 mars 2015

Cafard...




Charb, je pensais que tu me manquerais gravement chaque mercredi.
Je me suis trompé. Tu me manques chaque jour.