samedi 1 décembre 2012
vendredi 30 novembre 2012
Mariage pour tous...
Puis vous être arrivées, courageuses, intelligentes, déterminées, libres, et ce qui ne gâche rien, belles.
Joli contraste en face de la bêtise des intégristes de tout poil. Un putain de souffle d'air frais, de coup de pompe dans une fourmilière ou les imbéciles bectent toujours leur poisson du vendredi sans sourciller. Il y a soit-disant des combats plus importants. Mis à part que justement, il commence précisément ici.
L'église n'a plus à pénétrer la vie de la cité. Plus jamais. L'excision est définitive. Chaque flexibilité se paie au prix fort. Il faut être intraitables. Aucune négociation possible. La religion doit être une affaire privée.
Tu veux prier, manger hallal, casher, faire le carême, grand bien te fasse, mais dans ton salon..!
Ceux qui pensent que ces questions sont secondaires se trompent lourdement. Nous en paierons un lourd tribut. Se taire c'est accepter. Il n'y a pas de petit combat. Ta sole meunière, tu peux te la mettre à la raie, ce midi, c'est steak ! Et saucisson en amuse-gueule monsieur..! Je vous laisse à vos déchirements, foutaises et hypothèses, adressez-vous à l'intendance, nous, on paye plus..!
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mardi 20 novembre 2012
dimanche 11 novembre 2012
Un dimanche...
Les huissiers demeurent à distance, la cheminée fume, le buffet est mieux garni, et même si je suis loin de pouvoir compter sur un futur solide, j'arrive presque à voir le mois prochain se profiler, ce qui est une amélioration notable. J'ai considérablement diminué ma consommation éthylique, qui est proche du ridicule et laisse présager un sérieux manque à gagner pour la viticulture, et mes cigarettes ne sont plus assez nombreuses et goudronnées pour tapisser admirablement ma cage pulmonaire. Ma mère est ravie.
A contrario, je dors toujours aussi mal, mais je m’accommode à cela. Il y a bien longtemps que j'ai renoncé à une paix intérieure qui me permettrait de me couper des nuisances de l'humanité. Et puis je me rassure en me disant que c'est le matin que je suis le plus efficace. L'efficacité. C'est bien, il parait.
Indra s'en fout. Indra est morte. Comme ça, dans la nuit, sans faire de bruit. Elle avait encore tout plein de projets à réaliser. Elle m'en avait parlé lors de ce que nous pourrons maintenant appeler notre dernier entretien téléphonique, ponctué par son rire particulier, hérité de son papa. Elle riait beaucoup. Surtout quand je lui racontais mes mésaventures et les rebondissements spectaculaires de ma vie amoureuse. Elle n'aura pas eu le temps de te rencontrer. Elle est morte comme ça. Comme on a pas le droit de mourir. Comme c'est injuste et dégueulasse. Son papa ne rira plus. Et il y a des gens qui croient encore en dieu...
Alors dimanche, j'ai changé d'avis. Je n'ai rien fait. Rien qui ne soit productif, sérieux, lucratif, nécessaire, indispensable, prudent, calculé. Je ne voulais pas crever comme ça sans faire de bruit, sans avoir lu le dernier Nicolas Rey, sans t'avoir regardé cuisiner avec sur la langue l'arôme réglisse du grenache, sans avoir avancé sur mon album mégalo, sans avoir balayé le désert, sans avoir singé Brel devant ma glace, sans avoir rasé ces cheveux blancs qui gagnent du terrain chaque jour, sans avoir essayé de pisser contre le vent, sans avoir tenté, râté, retenté, hurlé, pleuré, détruit, reconstruit, agrafé, dégrafé, imaginé, contemplé, joui, sans avoir écrit ce post de plus sur ce blog nombriliste inutile, sans m'être senti vraiment vivant bordel, vivant..!
Demain, la vie reprendra son cours. Chaque chose à sa place. Tentons sans toutefois trop nous abîmer de ne pas être trop prudents. Marchons sur le fil. Ne vivons pas comme si nous étions immortels.
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lundi 10 septembre 2012
Je pense à autre chose
Le CAC se braque mais brasse du cash
Puis tire l'alarme à l’œil facile
Tire les ficelles et ça s'affole
Empêtré dans la course folle
Si j'ai l'air de prendre la pose
Pendant qu'ça braise à la croissance
Pendant qu'ça vous baise en silence
C'est juste que je pense
Je pense à autre chose
Les copines friment éliment leur jean
Retour d'exta à Ibiza
S'imaginent dans les magazines
Déciment les Aloe vera
Et pendant qu'ça bave et qu'ça glose
Un sourire au coin de la bouche
Avec l'air d'être sur la touche
Je pense juste
Je pense à autre chose
Pendant qu'j'taquine mon spleen au gin
Tonique aux attaques de panique
Je tiens la dragée virtuose
Aux coups de piques de mes névroses
Le jour où elles prendront revanche
Le jour venu des roses blanches
Où mes paupières resteront closes
Dis-toi juste que je pense
Je pense à autre chose
(simon polaris - tigre de papier - 2013)
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dimanche 15 juillet 2012
Retour à la normale (2)
.

Patrick Pelloux ministre de la santé moi je dis..! Au diable les mesurettes, la santé n’est pas une entreprise du CAC 40, on passe tous un jour par l’hôpital, nous, nos parents, nos enfants, on y pousse la plupart du temps son dernier soupir, il faut agir..! Le jour où on nous demandera la carte bleue avant la carte vitale il sera trop tard..!! Deux infirmières par étage, payées 1500 euros par mois, qui peut accepter cela, pour quelle humanité.. ?
Bon, j’arrête de m’énerver, ça me tire sur les agrafes…
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samedi 14 juillet 2012
samedi 19 mai 2012
A toi...
Un air pour toi mon petit soleil, pour ton dévouement et tout l'amour que tu m'as donné si naturellement tout au long de ces heures infinies, ta nuque brisée de sommeil sur l'accoudoir de ce fauteuil non inclinable. A nous deux, nous avons plus d'empathie qu'un continent entier.
Cet air pour toi, parce que, lorsque tu écoutes cette chanson, malgré les décennies passées et cette histoire lointaine, tes yeux se mouillent à chaque fois.
On trimballe tous nos tares, nos peurs, notre passé, nos désirs. Il ne faut pas en avoir la frousse ou tenter de le dissimuler. C'est ce qui fait la beauté des choses et notre putain d'humanité.
Nous sommes si différents et si ressemblants à la fois. Quand je te regarde, plus rien n'est impossible. Tu peux compter sur moi, comme un tronc solide, un pilier, un sémaphore les jours de brouillard.
J'en étais déjà sûr, mais maintenant j'en suis certain. Je te veux pour l'éternité.
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lundi 7 mai 2012
Lettre à mes amis...
Lettre à mes amis réels, virtuels, et à ceux avec qui je croyais partager des valeurs indéfectibles.
Très mal dormi car je n’ai pu m’empêcher hier soir de suivre la soirée sur les réseaux sociaux, et que bien qu’aguerri à certaines inepties habituelles, ce que j’ai pu lire ici ou là m’a glacé le sang. Même si cela est bien pratique pour faire le tri, tous ces commentaires prouvent à quel point l'intox a marché et le peu de culture politique et historique de nos contemporains.
Je vais mettre tout le monde à l’aise, je ne suis pas issu d'une famille de gauchistes comme on dit, loin de là, et ne possède pas un seul ancêtre aux racines exotiques, il n'y a qu’à voir mon patronyme.
Qu’on soit de droite, pourquoi pas, il y a bien des gens qui croient en dieu, mais qu'on imagine que c'est la victoire des pauvres, des arabes, des branleurs, des drogués; après toutes les humiliations, la condescendance, la poudre aux yeux, la mégalomanie, l'impudeur totale que l'on a vécue pendant ces longues années, c'est à se pincer. Ou alors c'est qu'on est à court d'arguments.
Je crois comprendre aussi à travers les moqueries que le nouveau président n'est pas assez tape à l’œil, mince, Jet set. Je saisis mieux alors votre déception si vous avez la nécessité d’un président qui vous ressemble. Je ne dois pas avoir l’âme d’un winner. Peut-être que tous les ambitieux, dents longues et autres donneurs de leçon en ont pris un coup dans leur égo. Tout le monde peut se ramasser. Et ce n’est pas forcément la faute du système, ou de la crise. Je vais vous faire une confidence, je connais des gens qui paient l’ISF et qui étaient content du résultat hier soir. Ils continueront à travailler en France, payer des impôts, et je vous rassure, réussiront à boucler les fins de mois sans le moindre souci, et sans toucher à leur train de vie. A l’heure qu’il est, ils sont sereins, ils hésitent juste sur la couleur de leur prochain véhicule.
Non mais sérieusement, de quoi avez-vous peur.. ? Auriez-vous des choses à vous reprocher.. ?
Au pire, rien ne changera, mais avec un peu plus de décence. Libre à chacun de partir à l'étranger, cela aura au moins comme vertu pédagogique de découvrir vraiment le statut d’émigré. J’aimerais rappeler aux quelques imbéciles, qui, pensant manier l’humour avec brio, imaginent que demain le couscous deviendra plat du jour universel ou encore les babouches obligatoires, que la plupart des gens qui ont voté hier sont les plus grand défenseurs de la laïcité et les plus anti communautaristes. Bien à vous de préférer églises aux mosquées ou je ne sais quel temple, je vous laisse entre vous, je ne me sens pas concerné. Je suis un homme libre. Et je pense plus fort que jamais que la religion est une histoire privée, et qu’elle n’a rien à faire dans la vie de la cité.
Alors oui, hier soir, j’étais ravi, sans triomphalisme, car je pense que le programme que j’aimerais voir appliquer un jour aurait vraiment de quoi vous foutre les jetons. Mais j’étais ému.
J’ai pensé à toi, maman, qui bien que déçue par le passé devait avoir les larmes aux yeux devant ta télévision en repensant à tous les gamins que tu as porté dans l’école de la république, avec si peu de moyens et toute cette misère, tu peux partir à la retraite, tu l’as bien mérité malgré tous les crachats infâmes.
J’ai pensé à toi Patrick, qui essayait peut-être de suivre le décompte, de garde au milieu des brancards entassés et des plaies de l’âme.
J’ai pensé à toutes ces femmes qui ne sont toujours pas représentées et considérées.
J’ai pensé à vous, mes amis des minorités si grandes, pédés, noirs, arabes, juifs, mohicans, zapatistes, à ceux qui ont reconstruit la France, ceux qui participent à sa culture bouillonnante et sa créativité légendaire, vous qui vous levez tous les matins malgré les gifles quotidiennes.
J’ai pensé à toutes ces fois où toi, avec ta gueule de métèque, les yeux plein de larmes, tu enviais mon état civil, après avoir essuyé une énième humiliation, alors que tu méritais toutes ces choses autant que moi.
J’ai pensé à Charlie Hebdo et leurs locaux dévastés.
J’ai pensé à tous les inadaptés, les handicapés, les vieux, les rmistes, les chômeurs, qui aimeraient pouvoir prendre part à cet effort collectif.
J’ai pensé à tous mes amis ici, avec leurs noms bizarres et leurs utopies éternelles.
J'ai pensé à Ghis, qui est obligé de bosser double grâce au superbes Lois Robien.
J’ai pensé à vous, Gilles Doyen, Fred Tanari et les autres, avec vos musiques et chansons aussi lucratives que les miennes, mais qui n’ont pas de prix.
J’ai pensé à toi, ma fille, mon petit biscuit, à qui je n’ai su expliquer pourquoi certaines personnes avaient deux maisons et d’autres zéro comme tu dis. Il faut croire que les sueurs ne se valent pas.
Je ne crois en rien, j’espère juste que certaines choses vont changer, comme toujours. Dans le cas contraire, je compte bien me faire entendre. Et fort.
Bon, c’est pas tout mais on est déjà le 7 mai, j’ai le loyer à glisser dans la boite aux lettres de ma propriétaire, et comme elle dit, si vous saviez ce que c’est que d’avoir tous ces appartements à gérer ! Je ne voudrais pas lui mettre une couche supplémentaire d’angoisse.
Et puis j’avais pas dit que lundi c’était le retour de la poésie.. ?
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samedi 5 mai 2012
Le petit rocher
La nuit me prend dans sa bouche, me mâche, puis me recrache sur ma couche. Elle ne veut pas avaler. C'est dégueulasse la nuit. Sale et noir foncé. Sa grosse langue ne veut pas de moi. Pas même m'assommer un peu. Je dois me débrouiller tout seul. Comme ça, de but en blanc, au débotté, sans aucun effet d'annonce. La réalité en pleine tronche, et la naïveté de ne jamais s'y attendre. Les nominés sont..........
Il est déjà trop tard.
Ailleurs la respiration est calme, sereine. Ailleurs. Désolé, tu n'as pas la carte, ça se mérite.
Avoir des loisirs.
Passer le temps.
Se changer les idées.
Tout un programme. Je le note.
Tout est en toi. Tu n'as besoin de rien. Laisse ta part aux autres bordel, prends le maquis, t’espère quoi, la médaille en chocolat..?! Fouineur, arrête de fouiner..! Compte plutôt tes cervicales, arrête de rentrer la tête, t'attends quoi, la soudure..? Alors tu ne vaux pas mieux..!
Oh, c'est facile de juger, quelle aisance..! Le plaisir de la diatribe gratuite monsieur, voilà à quoi se résume votre bouillie emphatique..!
Alors, filer, cheveux au vent, reprendre le radeau de la nuit jusqu'à ce que les premières lueurs nous arrachent de la couche infâme. Celle de dessous, celle de dessus, celle de dedans. Tenter d'approcher le rocher à tâtons. Serrer fort à s'en cisailler les paumes. L'escalader par la face vierge. Grimper encore.
Tu sais quoi..? On est pas si mal finalement sur ce petit rocher. Tu comprendras trop tard.
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samedi 3 mars 2012
L'Exil
Isolé par moi-même, je me sentais glisser vers une froideur abyssale, contre laquelle j'étais bien incapable de lutter. Il ne me restait qu'une seule chose à faire, et de loin la plus importante, me taire, à tout jamais.
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mercredi 1 février 2012
La Boîte en fer
Un genre de grande tabatière
Bien fermée par un cadenas
J'ai tout imaginé derrière
Son inoxydable paroi
Pièces en or trésor de corsaire
Boussole sextant et compas
Afin de faire céder ses serres
Ont cassé mille bouts de bois
Clés trombones petites cuillères
Mais en vain il ne se livra
Puis elle a disparu, ma mère
Lassée de l'éternel combat
A dû la remiser misère
Du reste le temps se chargea
En recherchant quelques affaires
Hier au fond du débarras
J'ai retrouvé ma boite en fer
Trente ans qu'elle m'attendait là
Peut-être est-ce un peu la poussière
Mes yeux revenus de l'émoi
Ou bien encore les fausses pierres
Elle n'est plus si jolie que ça
Je pourrais jouer les monte-en-l'air
Il est si fin ce cadenas
Et lui briser ainsi les nerfs
Avec le moindre casse-noix
Mais cette petite boite en fer
Aujourd'hui je ne l'ouvrirai pas
Elle restera divin mystère
Et c'est peut-être mieux comme ça.
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dimanche 15 janvier 2012
samedi 14 janvier 2012
mercredi 28 septembre 2011
Le Témoin
Je devrais peut-être te voir comme un concurrent, un rival, un compétiteur carnassier, mais je te sens plutôt comme un partenaire, un type à qui j’aurais passé le témoin, un compagnon d’infortune, à qui une fois le devoir accompli et les membres fourbus j’aurais tendu les rames. Je n’ai aucun conseil à te donner, je ne te souhaite qu’une chose, prouver que tout cela n’est qu’un malentendu, que je n’ai pas pagayé dans le bon sens, et que le sac de nœud dont tu viens d’hériter n’est point inextricable.
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mercredi 27 juillet 2011
Le reste du monde... et moi.
Et moi, minable que je suis, présomptueux impétueux, je pensais que ce serait nous deux contre le reste du monde s'il le fallait. Il ne me reste plus que ta nuque silencieuse et vos rires d'allégresse. Il faut croire que c'est beaucoup plus que ce que j'avais à te proposer.T'inquiètes pas,
je laisse une petite fenêtre ouverte.
Pour vomir.
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mardi 5 juillet 2011
La Question...
- "Et alors toi, qu'est-ce que tu deviens..?"
Franchement, elle est pas bonne la question..? Tu la sens la terre s'ouvrir sous tes pieds..? Et la boule à l'estomac qui frappe le bumper..?
Que puis-je te répondre..? Tu veux vraiment un bref résumé des vingt dernières piges, comme ça au débotté, en vingt secondes..? Un statut social, un nombre d'enfant..? Ma fonction principale dans cette fourmilière géante où l'on court vite et loin afin d'essayer de semer la peur de la mort..?
Alors heureusement, pour me sauver, j'entends une petite voix, Simon Polaris me souffle : "J'attrape des mouches..!" Mais à tous les coups tu ne vas pas me croire. Pourtant à force d'entrainement je suis imbattable.

Tiens, tu sais, un des trucs que je fais cette année..? Non, mais sérieusement, pas comme boulot, comme hobby. Un truc des plus absurdes. Tu vas rire. J'écris un quatrain en alexandrins tous les soirs. Comme ça, pour la flambe, gratuitement, sans rien au bout, c'est même pas un devoir à rendre. Pas de glorioles, pas d'arrangements, pas même d'oseille, juste une petite histoire entre moi et moi. Et bien tu sais quoi, il y a des soirs où ça va tout seul, d'autre où je me maudis pour m'être accroché ce boulet au pied. Les rimes c'est même plus à la mode. Bon, je ne te parlerai pas de ce que je peux ressentir quand je fixe le point final, surtout après une longue bataille, je sens que je vais passer pour un original, rien de pire. Et bien tu vois si ce soir je suis en manque d'inspiration, j'essaierai de traduire par des mots le sentiment qui m'a pénétré quand tu es monté dans ta voiture flambante, celle qu'il faut revendre au bout d'un an maximum sinon après tu comprends on perd trop d'argent. Tu dois être numéro 4 ou 5, si la crise reste contenue et les flux point trop capricieux, d'ici quelques années tu peux espérer monter sur le podium. Il n'y a pas de dossards pour tout le monde, je te laisse le mien. Je suis peut-être un anonyme qui s'accroche aux branches, un doux rêveur, un utopiste, un écorché, un parasite, un moins que rien. Seulement tu ne vaux pas plus cher que moi. Tu sais ce que j'ai fait ce week-end, pendant que tu briquais ta caisse devant ton pavillon..? Un autre truc inutile. J'ai tiré quelque chose du néant. J'ai écrit une nouvelle chanson. Je ne suis pas sûr qu'elle te plaira. Mais elle a le mérite d'exister. Tiens va, elle est pour toi. Cadeau. Je suis désolé, ça va probablement te sembler un peu confus, il n'y a pas de règles préétablie pour encadrer toutes les libertés. Ici, je fais ce qui me passe par la tête. Sans entraves, sans consignes, sans obligations, sans conseils, sans gabarit. Sans bouger et manger léger. Sans modérations. Sans filet.
->> Polaris - Il parait
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mardi 24 mai 2011
mercredi 20 avril 2011
La Disparition

Nous étions là, en équilibre sur le fil du temps, tous sur nos gardes, avec cette once de bon sens qui nous a toujours caractérisés, soudés comme des fractures anciennes, et pourtant chacun dans notre périmètre de sécurité. Aucun de nous n’a bougé. Aucun de nous n’aurait osé bouger en premier. Non, aucun de nous n’aurait pris le risque de vaciller sur son socle alors que l’on pouvait s’en tirer pour moindre mal.
Peut-être est-ce notre immobilité qui nous a perdu, de toute manière je ne pense pas que je trouverai un jour une explication plus rationnelle à cette prévisible extinction de notre espèce. Ce que je sais en revanche, c’est que nous aurons été irréprochables d’obséquiosité. Rien de nous n’a dépassé dans le couloir, ce boyau impersonnel mais absolument nécessaire à nos ramifications, à notre condition. Personne n’a opté pour un franchissement de la distance limite, de cette étendue critique, personne même n’y aurait songé l’ombre d’un instant. Oui, nous avons été, sur ce point également, parfaitement analogues.
Mettre toutes les chances de notre côté, assurer, jouer la carte de la prudence, gérer, digérer, prévoir, temporiser, prendre les choses calmement, mesurer, avoir de la patience, faire des efforts, persévérer. Nos existences étaient réglées comme des horloges atomiques, les crans parfaitement policés, la bascule accordée au diapason. Nous tenions nos espaces vitaux précisément alignés, eux-mêmes parfaitement centrés dans nos interstices siamois, car c’était dans l’ordre des choses.
Pas le moindre grain de sable n’est venu s’immiscer dans les rouages de nos principes immémoriaux, les coffres-forts de nos essences seront restés vierges à toute intrusion jusqu’au jour ultime de notre disparition. Aurions-nous pu douter de la succession ultérieure des évènements lorsqu’ont été étudiées, arbitrées, puis finalement tranchées les couleurs, puis les formes, pour en définitive concourir à l’élision même des sons ?
Il est trop tard à présent pour se poser ce genre de question, car il est totalement impossible d’opérer une quelconque marche arrière, la balle étant depuis trop longtemps engagée dans la chambre. La chambre étant depuis trop longtemps distribuée par ce couloir délimiteur. Ce même couloir faisant office à la fois de gardien pour notre sérénité, mais également de bourreau pour nos appétits les plus féroces. Il m’est difficile aujourd’hui, dans mon analyse pourtant froidement mathématique, de concevoir que notre acceptation du confort en tout premier accommodement raisonnable fut paradoxalement le déclencheur de notre épuisement programmé.
Lutter n’a non seulement jamais été envisagé, mais encore moins envisageable, car il aurait fallu pour que cela nous semble une alternative concevable nous trouver dans des dispositions propices à une certaine prise de recul, une largeur d’esprit qui n’était même plus présente dans nos souvenirs les plus séculaires. Nous nous habituions même à notre ensevelissement progressif, puisque chaque pelleté quotidienne n’était finalement qu’une infime poignée de terre, qui, pensait-on, s’effacerait sous le poids de l’érosion courante.
Quoiqu’il en soit, et quelle que fut la teneur de cet épilogue, aucun de nous n’aurait pu imaginer, à l’époque, la tragique importance de notre geste, le jour où, par facilité et convenance, nous avions intégré, un par un, le lotissement.
Ce texte a été écrit pour le premier numéro de la jolie revue "Criez",
sur laquelle vous pouvez trouver de plus amples informations ici :
http://assocriez.blogspot.com
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dimanche 10 avril 2011
mercredi 30 mars 2011
mercredi 2 mars 2011
mardi 22 février 2011
Destination nouvelle
Ça y est, les cloches reprennent dans ma tête
J’ai beau serrer mes amulettes
Serais-je en partance pour une destination nouvelle ?
J’aurais dû répéter ton nom
Qu’il sonne comme une évidence
Mais évidemment, évidemment non
Croiras-tu encore à la chance ?
Pas de visa, pas de berline
Prendre la rue à contresens
Juste le poids des ballerines
Imbriquées aux vapeurs d’essence
La quête, l’oraison sibylline
Ont-elles encore vraiment un sens
Nous vivions des moments ultimes
Que jamais ils ne recommencent
(simon polaris - Destination nouvelle - 2013)
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samedi 15 janvier 2011
Des copeaux dans la peau...
Pour certains ce doit être un après-rasage, un savon, ou même le pétrole, le tabac brun ou encore le souffre. Moi c'est l'odeur des copeaux. Jamais cette senteur ne me quittera, imprégnée jusqu'entre les synapses, il suffit que je ferme les yeux et les émanations remplissent l'habitacle. C'est en même temps une fragrance assez discrète puisqu'on ne la repère qu'à un rapprochement conséquent, mais elle imprime chacun de mes souvenirs les plus lointains.Elle est juste l'odeur naturelle de mon père. Celle qui balaye l'oreiller le soir au baiser de bonne nuit, qui rassure après la peur panique dans le creux de l'épaule, qui découpe la campagne au trajet nocturne estival reliant les deux bordures du pays.
Papa, si un jour tu dois quitter ce monde, ce que je t'interdis juste de faire avant le siècle prochain, comment donc, même si par miracle j'arrive à me relever de l'inacceptable, pourrais-je à nouveau un jour approcher un arbre, une chaise ou une étagère..?
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samedi 18 décembre 2010
Ma fleur

Vous n'aurez pas ma fleur
Celle qui me pousse a l'intérieur
Fleur cérébrale et fleur de cœur
Ma fleur
Vous êtes les plus fort
Mais tous vous êtes morts
Et je vous emmerde.
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mercredi 15 décembre 2010
Tigre de papier

J'ai mordu j'ai griffé
Craché des étincelles
Pas fait dans la dentelle
Tenté d'intimider
Mais je ne suis en somme
Qu'un tigre de papier
J'ai rendu j'ai porté
Tous les coups un par un
Mais jamais n'ai donné
L'estocade en entier
Car je ne suis en somme
qu'un tigre de papier
J'ai couru j'ai foulé
Dévoré des gazelles
Abrégé des querelles
Pour mieux me faire la belle
Oui je ne suis en somme
Qu'un tigre de papier
J'ai rugi j'ai feulé
Remonté des rivières
Des chemins solitaires
Tenté d'impressionner
Mais je ne suis en somme
Qu'un tigre de papier
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lundi 13 décembre 2010
Le Puzzle
La liberté fait peur, et l'on s'entrave afin de l'aliéner pour qu'elle ne soit plus qu'un esclave soumis. Je me suis trop occupé, préoccupé, diverti, abruti, assommé pour n'avoir pas à me retrouver en face de moi-même. La peur, toujours la peur, de ne pas être à la hauteur, de tenter, de chuter, de concourir, de tirer des conclusions, car on a encore le temps de voir, demain.
Mais il y a un moment ou demain devient aujourd'hui.
J'avais pourtant un entrainement imparable, j'aurais pu tenir encore pendant des siècles. Heureusement, il y a le sens de l'observation, bien difficile à étourdir. La peur de me mouvoir au travers de la vie en tirant un boulet à mon pied aura été plus puissante que la peur tout court.
Si je dois partir demain, je n'aurai besoin de rien. Tout est dans ma tête.
"Transbahutez vos idées comme de la drogue...
Tu risques rien à la frontière
Rien dans les mains
Rien dans les poches
Tout dans la tronche!"

Vous êtes tous là, en moi, je n'ai plus besoin d'antisèches, j'irai au bout du couloir, seul, sans regarder mes pieds, sans cette boule qui croit à mesure que les mètres rétrécissent, je donnerai tout ce que j'ai, et je ressortirai de la classe plus léger que la plume, comme survolant la pesanteur de l'existence.
Ce qui me fait sourire, car quelque peu paradoxal, c'est de réaliser que cette peur tant reprochée se trouve finalement être le moteur grâce auquel j'aurai pu parcourir la distance jusqu'à moi-même. J'ai appris à séparer le grain de l'ivraie, tant je craignais de perdre quelque chose que je sentais en moi comme un présent inné. Ce fut ce partage difficile, ajouté à un travail de sape extrinsèque, qui aura dévoré mes années jusque sur ma couche. Qu'importe, ce qui compte est ce déclic libérateur, et ma rancune légendaire s'en trouve même curieusement ajournée, peut-être par le fait que oui, sans toutes les pièces, ce puzzle serait alors incomplet, votre injustice ayant compté pour beaucoup.
Personne n'aura réussi à me voler mes rêves.
"La réussite n'est pas une preuve de liberté, l'échec oui.
Il est urgent de ne pas être prudent."
Il me reste encore de nombreuses pièces à assembler, mais je les ai, là, au creux des mains.
Je n'ai plus peur des imperfections.
Je n'ai plus peur de vous.
Je n'ai plus peur de me tromper.
Je n'ai plus peur de tomber.
Je n'ai même plus peur de vieillir.
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mardi 7 décembre 2010
Je me rappelle...
Je me rappelle de ce jour où tu m’as donné les clefs de ton appartement, du filet de lumière qui traversait l’atelier, des poussières en suspensions dans ce rai transversal, de ta main tendue à travers cet éclairage céleste.
Je me rappelle du bruit de la dégauchisseuse dont le régime perd tout à coup plusieurs centaines de tours-minute par seconde, du sas isophonique dont les portes s’ouvrent sèchement, des pas approchant de mon père, immense, et de la sensation de n’être qu’un lézard.
Je me rappelle du visage du futur président de la république apparaissant petit à petit à vingt heures précises, du poids des secondes, et que, jusqu’à la dernière bandelette j’ai voulu penser que tout n’était pas encore joué.
Je me rappelle du grattement aux chevilles procuré par nos courses interminables dans les champs, les chaussettes pleines de boules tenaces et urticantes.
Je me rappelle de la joie et de la frayeur qui m’ont envahi lorsque j’ai découvert les deux traits parfaitement alignés sur le test de grossesse.
Je me rappelle des plafonds démesurés de cet ancien hôpital réhabilité en école de musique, et des cris que j’avais encore l’impression d’entendre résonner entre les grappes réverbérées de flutes traversières.
Je me rappelle de ces cigarettes roulées caramélisées aux formes improbables dont je n’osais avaler la fumée.
Je me rappelle les phares qui découpaient l’obscurité, ma tête sur ton épaule, et l’impression d’être les gardiens du monde l’espace d’une nuit.
Je me rappelle de l’odeur de la moquette de cet escalier, des billes qui y rebondissent sans leur claquement agaçant, de cette rampe lustrée par les frottements, de mon impossibilité de m’empêcher le compte de ses marches à chaque trajet, alors qu’elles n’étaient et ne resteraient que dix-neuf jusqu’à la fin de l’aventure.
Je me rappelle des derniers mots de cet habitué ressemblant à un indien qui se plaignant d’une forte migraine n’avait même pas fini son café, et qu’on avait retrouvé chez lui en travers du couloir, mort.
Je me rappelle de cette rentrée des classes où nous étions arrivés par hasard avec les mêmes chaussures, et où personne n’avait voulu croire à cette coïncidence.
Je me rappelle de l’odeur chlorée de ce vestiaire, où la virilité était la première des valeurs.
Je me rappelle de ce trottoir complice qui faisait exactement la même hauteur que notre différence de taille et permettait à nos bouches de se rencontrer parfaitement.
Je me rappelle de l’excitation qui précédait nos répétitions hebdomadaires, et de cette parenthèse de liberté absolue pendant laquelle nous nous moquions de tout.
Je me rappelle de ces samedis matins où nous mangions du cervelas et buvions du vin rouge au petit-déjeuner avec les forains, fascinés par les mains gigantesques du poissonnier, pendant que nos camarades rejoignaient d’un pas pressé l’établissement scolaire.
Je me rappelle de cette satisfaction le jour où j’ai tiré ma première ligne du tableau électrique et qu’à l’enclenchement de l’interrupteur les ampoules se sont éclairées sans sourciller.
Je me rappelle que nous avions creusé un trou le plus profond possible pour trouver de l’eau, et que nous avions trouvé des vieilles cagettes, puis de la roche trop dure pour nos pelles en plastique.
Je me rappelle de la première fois où je suis parti tout seul en voiture.
Je me rappelle des lettres dans la soupe, et de ma victoire sempiternelle à écrire mon prénom avant le tien, qui comportait quasiment le double de lettres.
Je me rappelle de la fois où tu m’as dit au téléphone que je ne faisais pas parti du quotidien de ma fille.
Je me rappelle avoir vu le père-noël traverser le ciel dans son traineau à travers les persiennes, la même année où j’ai appris le secret de la grande trahison.
Je me rappelle de mes membres qui tremblaient et de ma tête qui tournait à la découverte progressive du corps féminin.
Je me rappelle de cette stupéfaction un après-midi chez ma voisine en réalisant que la robe de Casimir n’était pas grise mais orange.
Je me rappelle qu’après t’avoir lu ce texte, ta seule remarque fut de me dire qu’on ne disait pas « je me rappelle », mais « je me souviens ».
Je me rappelle de tout cela, et pourtant, impossible de me souvenir où j’ai garé cette satané voiture.
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Stan
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dimanche 7 novembre 2010
Le Chemin
Docteur, ceci est notre dernier entretien.
La boucle est bouclée. Le serpent se mord la queue. Je ne viendrai plus vous embarrasser de mes questionnements insolubles, j’accepte à présent qu’ils le demeurent, quel que soit le temps de réflexion que je leur accorderai. Si je dois retenir quelque chose de ces longs monologues, c’est que le chemin est peut-être plus important que le but. C’est une phrase certes assez simple, peut-être même quelque peu ridicule, mais une clé essentielle qui me permet de tenir debout, et de vous parler avec calme et détachement. Une phrase que je n’aurais pas pu prononcer sans ces années de tâtonnements hésitants.
J’ai l’impression de savoir maintenant qui je suis, au milieu du chaos hasardeux qui compose ma vie, et celle de l’univers qui m’entoure. Il y a des choix que je n’ai pu faire, qui me furent imposés, du fait de vivre sans l’avoir décidé. Il m’appartient à présent d’opérer ceux qui me reviennent, en tranchant dans le vif, afin de m’installer aux commandes de ma propre existence.
Vous allez me manquer.
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Stan
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